Le ton villageois au Mali (1ère partie).


Dans presque tous les villages maliens, il y a le ton villageois, c’est à dire un regroupement de jeunes du village pour les différentes activités de développement du Village. ça existe encore de façon initiale dans certaines contrées mais dans d’autres, même si ça n’a pas totalement disparu ça n’existe plus avec toutes ses valeurs et je souhaite pouvoir évoquer plus tard, certaines raisons de ces changements. Ce ton villageois est composé des jeunes du village de 15 à jusqu’à 40 ans à peu près et c’est bien structuré de sorte que chaque composant du ton connait son rôle et le pratique avec conscience.
A la tête du ton villageois, il y a un chef et son adjoint qu’on appelle Tɔnkuntigi (le chef du ton) et son adjoint. Ce sont les deux grands chefs du groupe. Ils donnent des ordures, ils s’occupent du bon fonctionnement du ton et assurent l’ordre et le respect entre les jeunes du village. Ils fixent les lois du ton et les faire respecter. Ils sont toujours présents sur les lieux des activités mais ne participent pas aux travaux physiques qui sont laissés aux jeunes.
Le Tɔnkuntigi (le chef de ton) et son adjoint sont suivis par un autre chef et son adjoint qu’on appelle les sofakuntigi (les chefs de sofa). Les autres sofas, à peu près 5 à 6 personnes suivent ces sofas. Parmi ceux-ci, il y a le chargé à l’information et à la communication et son adjoint, le chargé au conflit et son adjoint et les chargés à l’organisation.
Les chefs de ton, par l’intermédiaire de ceux-ci transmettent aux autres jeunes, qui sont les bras valides du ton, l’ordre donné par le chef et son adjoint.
Quand est ce que les jeunes adhèrent le ton villageois?
ça peut varier selon les contrées, mais dans la plus part des cas, les jeunes, garçons et filles, entre 15 à 16 ans adhèrent le ton du village. Des fois il y a des jeunes qui grandissent vite et dans ce cas ils adhèrent le ton du village tant qu’ils participent aux travaux de leurs familles même si leur âge n’atteignent pas 15 ou 16 ans. Pour cette adhésion, On ne tient pas compte du nombre d’enfants par famille, tous les jeunes de même génération adhèrent le ton même s’il y a 6 enfant dans une famille et 2 seulement dans une autre.
Quand est ce que les chefs du ton villageois sont changés?
Dans les gros villages, où il y a beaucoup de jeunes, où beaucoup de générations se suivent, les chefs quittent le ton après 3 ans de chefferie. Eux ils sont remplacés par la génération qui les suivent, dans les petits villages, les chefs sont remplacés par un mandât de 5 ans car il y a moins de jeunes. Je ne dis pas que ça n’arrive pas, mais c’est très difficile de voir un chef expulsé du ton avant la fin de son mandât. La chefferie du ton village est une grande responsabilité et un très grand honneur où il faut toujours penser aux bons actes posés par tes prédécesseurs et essayer de les dépasser à tout prix car c’est comme ça que le village se développe et tous les regards sont braqués sur toi et tes actes sont toujours comparés à ceux de tes prédécesseurs. Pour sauver ton nom, le nom de ta famille pendant son mandât, chaque Tɔnkuntigi est obligé de travailler, de travailler beaucoup et de travailler bien pour le développement du village pendant son règne.
Tout ordre venu d’en haut est pris avec respect et bien exécuté par les "tɔndenw". Les quelques petites fautes sont sanctionnées et généralement après plusieurs conseils. Généralement ces fautes sont le retard, le mauvais travail et le manque de respect aux ainés. A part ça, il y a très moins de fautes graves. Ces sanctions sont payées par la kola et la plus petite amende est 10 kolas par sanction. Ça peut des fois aller jusqu’à 20 ou 30 kola qu’on peut négocier pour diminuer si le fautif n’est pas trop orgueilleux.
Quelles sont les activités du ton villageois?
Les travaux de toiture des constructions, certaines activités du mariage, les activités communes de nettoyage des rues du village et autres petites activités sont gratuitement accomplies par le ton villageois. Mais les plus grandes activités du ton sont pratiquées pendant l’hivernage et ce sont des activités agricoles payantes dont le prix permet au ton de résoudre beaucoup de problèmes dans le village.
Dans le village, certaines familles ont la nécessité d’avoir des aides de bras valides pour pouvoir cultiver tous leurs champs. Le ton villageois, sous la demande des chefs de familles nécessiteuses cultive leurs champs en compensation de 50 ou 100 kg de mil ou bien d’une ou deux chèvres selon les champs.
Comme généralement les femmes ont aussi leurs propres champs, certaines femmes commandent aussi le ton villageois pour cultiver leurs petits champs et le nombre de kg de mil se fixe en fonction de la grandeur champ. En un mot, ces prix sont fixés dans toutes les façons, de sorte que ça n’atteigne pas le salaire journalier d’un manœuvre et cela pour permettre non seulement au ton d’avoir un peu de sommes pour les activités d’aide, de développement et de loisir dans le village, mais aussi aux villageois d’être servis à moindre coût.
A suivre…
Le ton villageois au Mali (1ère partie).

One Comment to “Le ton villageois au Mali (1ère partie).”

  1. j ai beaucoup aimé se que vous avez raconté sur les tons villageois de la communauté malienne

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