Archive de ‘Français’

26 mars 2014

Bonsoir tout le monde depuis Bamako au M

Bonsoir tout le monde depuis Bamako au Mali. Nous souhaiterions pouvoir mettre en relation avec les populations rurales du Mali sur les réseaux sociaux pour les partage d’expérience afin de leur donner une occasion d’améliorer leurs activités de développement dans les différents domaine qui les interessent directement. Etes-vous interessés soutenir ce projet? Si oui, contact ici: konate76atgmail.com

26 mars 2014

N’est pas blogueur qui le veut, il faut

N’est pas blogueur qui le veut, il faut des notions, le courage et des sujets pertinents non? Je blogue parce que j’aime bloguer!

3 février 2014

La Charte des Chasseurs du Mandé

Kamadjan koulou la colline de Kamadjan) à Siby

Kamadjan koulou la colline de Kamadjan) à Siby

Le texte ci-dessous est basé sur la version publiée par Youssouf Tata Cissé dans "La Charte du Mandé et autres traditions du Mali", éditions Albin Michel, 2003. Cette transcription a le grand avantage de n’utiliser aucun caractère phonétique spécial, ce qui rend sa reproduction très facile sur l’ensemble des imprimantes. Le parler utilisé est une forme de malinké (maninka) des textes de griot de la région de Kangaba au Mali.

 Gérard Galtier, (responsable d’édition, auteur d’une thèse sur les parlers mandingues) Email : <gerardgaltier@noos.fr>

1.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Toute vie humaine est une vie.

Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie,

Mais une vie n’est pas plus « ancienne »,

Plus respectable qu’une autre vie,

De même qu’une vie ne vaut pas mieux

Qu’une autre vie.

2.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Toute vie étant une vie,

Tout tort causé à une vie exige réparation.

Par conséquent,

Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,

Que nul ne cause du tort à son prochain,

Que nul ne martyrise son semblable.

 3.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Que chacun veille sur son prochain,

Que chacun vénère ses géniteurs,

Que chacun vénère ses enfants,

Que chacun pourvoie aux besoins

Des membres de sa famille.

4.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

Que chacun veille sur la terre de ses pères.

Par patrie, pays, ou terre des pères,

Il faut entendre aussi et surtout les hommes :

Car tout pays, toute terre qui verrait les

Hommes disparaître de sa surface

Connaîtrait le déclin et la désolation.

5.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

La faim n’est pas une bonne chose,

L’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ;

Il n’y a pire calamité que ces choses-là,

Dans ce bas monde.

Tant que nous disposerons du carquois et de l’arc,

La famine ne tuera personne dans le Mandé,

Si d’aventure la famine survient.

La guerre ne détruira plus jamais de village

Pour y prélever des esclaves ;

C’est dire que nul ne placera désormais

Le mors dans la bouche de son semblable

Pour aller le vendre ;

Personne ne sera non plus battu au Mandé,

A fortiori mis à mort,

Parce qu’il est fils d’esclave.

6.

Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :

L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour,

« D’un mur à l’autre »,

D’une frontière à l’autre du Mandé ;

Les razzias sont bannies

A compter de ce jour au Mandé ;

Les tourments nés de ces horreurs

Disparaîtront à partir de ce jour au Mandé.

Quelle horreur que la famine !

Un affamé ignore

Toute pudeur, toute retenue.

Quelle souffrance épouvantable

Pour l’esclave et l’affamé,

Surtout lorsqu’ils ne disposent

D’aucun recours.

L’esclave est dépouillé

De sa dignité partout dans le monde.

7.

Les gens d’autrefois nous disent :

« L’homme en tant qu’individu

Fait d’os et de chair

De moelle et de nerfs,

De peau recouverte de poils et de cheveux

Se nourrit d’aliments et de boissons ;

Mais son âme, son esprit vit de trois choses :

Voir ce qu’il a envie de voir,

Dire ce qu’il a envie de dire,

Et faire ce qu’il a envie de faire.

Si une seule de ces choses

Venait à manquer à l’âme,

Elle en souffrirait,

Et s’étiolerait sûrement. »

En conséquence, les enfants

De Sanéné et Kontron déclarent :

Chacun dispose désormais de sa personne,

Chacun est libre de ses actes,

Dans le respect des « interdits »,

Par la loi de sa patrie.

Tel est le Serment du Mandé

A l’adresse des oreilles du monde tout entier.

21 janvier 2014

Nouvelles Technologies de l’Information et de la communication : la langue bambara bien outillée

photo (14)Des chercheurs linguistes, des informaticiens, des ONGs et des amateurs volontaires ont toujours été à pied d’œuvre pour développer, outiller et promouvoir les langues Africaine en termes de caractères et de terminologie. Les mêmes efforts sont toujours déployés en faveur de la nos dans le domaine des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Aujourd’hui, certaines des langues africaines dont le bambara, font leur apparition en ligne sur Internet en matière d’information, de communication et de partage d’expérience avec le bloging et les réseaux sociaux…

Taper en bambara sur l’ordinateur

On ne peut sans doute parler de la promotion d’une langue dans le domaine des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication sans la possibilité d’écrire sur un ordinateur dans cette langue. La plupart dans langues africaine comme le bambara ont des caractères spéciaux qu’on ne retrouve pas sur le clavier ordinaire de l’ordinateur. Les différents efforts déployés dans ce sens ont permis de résoudre ce problème. Aujourd’hui, plusieurs logiciels permettant d’avoir un clavier adapté aux langues africaines comme pour Windows et pour Mac OSX  sont crées et sont téléchargeables en ligne. D’autres logiciels très faciles à installer sont également disponibles sur des clés USB. Ces logiciels permettent de travailler facilement  en bambara sur un ordinateur comme dans les "langues développées."

Un vérificateur orthographique en bambara

Comme beaucoup d’autres langues, le bambara est également doté de règles orthographiques, grammaticales et structurelles. Cela sous-entend que bien écrire en bambara nécessite le respect de ces règles. La maîtrise des différentes règles d’une langue n’épargne pas de faire des fautes, des erreurs ou des confusions quand on les écrit soit par inattention ou par oubli. Pour résoudre ce problème, même si ce n’est pas totalement complet comme dit l’auteur, voici un vérificateur orthographique  (ici pour Open Office, Libre Office, Néo Office…) et (ici  pour Firefox (navigateur web) et Thunderbird (email)  mis à notre disposition par un grand un grand chercheur français en bambara, un amoureux de cette langue. Vous trouverez dans cet article, tous les détails par rapport à l’installation, à la compatibilité et à  l’exploitation de ce vérificateur d’orthographe, bien éclairci par l’auteur Jean Jacques Meric.

Dictionnaire Français/Bambara

Un dictionnaire en Français-bambara en ligne ou instalable, aiderait et faciliterait les activités avec le bambara. Voici ici un exemple dont peut se servir pour l’exploitation de ce vérificateur orthographique.

Peut-on bloguer en bambara ?  

La question ne se pose plus ! On est formé à l’écriture et la lecture du bambara, on sait utiliser l’ordinateur, on a des notions du bloging et on a une connexion Internet à disposition, alors rien ne nous entrave encore de bloguer en bambara  comme dans toutes autres langues. Ces différents outils ci-dessus cités, permettent, même à ceux dont la langue maternelle n’est pas bambara, de bien travailler et de bloguer dans cette langue sur Internet. Alors, essayez !

Les réseaux sociaux et le bambara

Comme le bloging en bambara, il est également très facile de s’exprimer sur les réseaux sociaux quand on a les notions dans ce domaine. Aujourd’hui Nous ne sommes pas  étonnés de voir des messages passer sur Facebook et twitter comme ici sur le compte @Fasokan:

An ka dɔnkilidalaw jɔyɔrɔba bɛ nin ko in na bawo jeliw de tun bɛ kɛlɛcɛw bila sira fɔlɔ #can2010 #bambara #Mali

J’espère que cela ne suffit pas. Il va falloir chercher un moyen d’avoir des plateforme de blogs et de réseaux sociaux les données en bambara. Ainsi, même ceux qui ne parlent pas d’autres langues que le bambara, pourront s’épanouir avec leur langue maternelle en ligne.

20 janvier 2014

Ce que dit le chant du coq pendant le crépuscule au village

Photo tirée de Google.

Photo tirée de Google.

Dans les villages, qu’une fille tombe enceinte, est très mal apprécié ! C’est très humiliant non seulement pour la fille elle-même, mais également pour toute sa famille. C’est pourquoi, dès qu’une fille tombe enceinte, elle commence par avoir de grands soucis et tente toujours de cacher cette grossesse, même si elle sait que tôt ou tard, les gens découvriront. Au moment où personne ne pense d’ailleurs à cela, les coqs, ennemis ou jaloux de la fille enceinte (je ne sais pas), dévoilent le secret soir !

Que signifie le chant d’un coq pendant le crépuscule ?

 

Habituellement, les poules se couchent très tôt le soir et ne chantent qu’au l’aube le lendemain matin. Sur ce plan, les coqs constituent d’ailleurs un repère pour ceux qui doivent se lever tôt le matin pour leurs besoins. Mais dès qu’un coq chante pendant le crépuscule dans une famille, les vieilles personnes, assises disent : "houn" en signe d’inquiétude et de peur parce que le coq vient d’annoncer qu’une fille est enceinte dans les parages. Du coup, les enquêtes commencent en douce par les vieilles personnes pour savoir de quelle fille il peut s’agir. Toute la journée le lendemain, dans la totale discrétion, les villes personnes mettent en pratique leurs systèmes traditionnels d’analyses et finissent par connaitre avant la fin de la journée, la fille concernée par l’annonce du coq. C’est connu, alors la maman de la fille devient inquiète car son enfant vient de commettre une grosse erreur. Alors, une grand-mère se charge de demander la fille enceinte avec des techniques de questions propres à elles et la fille finit par avouer qu’elle est effectivement enceinte, mais la plupart d’entre elles ne trouvent pas le courage de dire directement le nom de l’auteur, mais qui sera tôt ou tard connu…

 

 

 

6 janvier 2014

Le téléphone portable remplace les tourterelles au village

Les populations rurales ont une attention et une considération particulières à l’égard des tourterelles au village. Oiseaux sauvages, mais elles sont très humainement traitées partout dans les villages. Les vieilles personnes font tout pour protéger ces oiseaux contre la tuerie des enfants pendant leurs chasses avec des lances pierres. Si par hasard il arrive qu’un groupe de jeunes garçons attrape une tourterelle vivante, une vieilles personne du village rachète l’oiseau et le libère. Cet achat a pour but de mettre les enfants dans leur droit parce qu’ils ont fourni de l’effort pour l’attraper.  Quand une tourterelle arrive à se cacher, fait son nid dans un petit coin du vestibule et pond des œufs, elle est protégée jusqu’au jour où elle arrive à quitter le nid avec ses petits.

Pourquoi tant de considération et de protection à l’égard des tourterelles ?

Dans les villages, toutes les sciences reposent sur les remarques, les observations, les analyses. Ce ne sont pas des sciences exactes, mais elles ont également montré leurs preuves dans beaucoup de choses. De la même manière, les tourterelles sont considérées comme annonciatrices d’évènements futurs selon leurs chants, comme l’arrivée d’un étranger ou d’une étrangère. De village en village pour les commissions des parents, les tourterelles informaient les jeunes envoyés en cours de route, sur la position de celui ou celle qu’ils devaient aller voir dans un autre village.

Envoyé par mes parents, mes frères, mes sœurs ou une autre vieille personne du village pour aller voir telle ou telle personne dans un autre village pour une commission, j’ai fait le trajet entre plusieurs villages et mon village en vélo quand j’étais petit. En cours de route, je pouvais déjà me faire une idée sur la position de la personne que je devais aller voir : si elle est sur place, absente, ou si elle est sortie et qu’elle rentre chez lui avant que je n’arrive dans son village.  Je notais tout cela en fonction des chants sans arrêt  des tourterelles  et leur position par rapport  à la route.  Cette pratique est connue au village, les gens sont d’accord, mais ça ne pouvait pas nous donner l’autorisation de revenir dire que la personne est absente sans arriver à destination. J’ai plusieurs fois vérifié cette annonce des tourterelles A chaque fois que je demande à une personne si elle était sortie momentanément avant mon arrivée comme annoncé par les tourterelles, elle me répondait avec l’affirmation. Certaines personnes m’annonçaient d’ailleurs qu’elles étaient chez des amis en train de causer et que mon arrivée leur a été annoncée par  une tourterelle posée sur la branche d’un arbre au milieu de la cour de leurs amis. C’est pourquoi elles sont rentrées à la maison.

Les téléphones portables ont remplacé les tourterelles dans cette fonction au villlage ?

Ces analyses sur la nature demandent beaucoup d’efforts à nos sens. Elles demandent également de la concentration et de  l’attention pour pouvoir bien comprendre et les interpréter si nécessaire.  Une fois qu’on a un outil qui règle facilement un problème, les sens se reposent, on oubli la nature, on s’accroche à l’outil qui fait tout à la place de nos sens. C’est le cas du téléphone portable et des tourterelles au village. Avant de se déplacer pour aller voir une personne dans un village ou d’envoyer quelqu’un, on prend son téléphone pour appeler la personne voir si elle est sur place. Du coup, on est informé ! Sachant déjà que la personne est sur place dans l’autre village, nous n’avons plus besoin de faire attention aux réactions des oiseaux en cours de route. Mais cela ne fait pas n’enlève en rien la considération et l’attention accordées aux tourterelles dans les villages.

30 décembre 2013

Atelier de formation des ambassadeurs de la Planification Familiale (PF) au bloging aux réseaux sociaux

???????????????????????????????Utiliser les réseaux sociaux pour la promotion de la Planification familiale, c’était le thème d’un atelier de formation à l’intention des jeunes ambassadeurs de la Planification Familiale au Mali. L’atelier initié par Le Groupe Pivot, en collaboration avec les Organisation de la Société Civile et des partenaires financiers s’est tenu dans la salle de conférence du Groupe Pivot du jeudi 26 au samedi 28 décembre 2013 à Bamako.

DSCN3960 La formation avait pour but de former les jeunes ambassadeurs de la Planification Familiale au Bloging et à l’utilisation des réseaux sociaux comme moyens d’information, de communication, de partage d’expérience en matière de la santé de la reproduction et comme outils de promotion de la Planification Familiale.

Durant les trois jours, les participants ont appris des notions de blog, de bloging, de blogueurs et de réseaux sociaux comme facebook et Twitter. Ils ont appris à créer des blogs, à ouvrir les comptes facebook et twitter. Avec des exemples pratiques, les jeunes ambassadeurs de la Planification Familiale ont appris les modes d’animation de ces espaces numériques par des articles, des photos et des vidéos. Ils ont également appris les différentes modes d’utilisation de ces outils de manière personnelle et pour des  activités professionnelles. Les participants ont surtout été motivés par les techniques d’animation d’un blog et les interactions sur twitter. Il a été également expliqué aux participants, les différentes démarches à tenir  pour maintenir vivants son blog et ses réseaux sociaux pour avoir plus de lecteurs et d’abonnés. Dans le cadre spécifique visé par la formation, les participants ont appris  comment utiliser les blogs, Facebook et Twitter comme moyen de sensibilisation et de la promotion en faveur de la Planification Familiale. Les participants ont été contents de participer à une formation qui leur a levé le voile sur les avantages des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication.

Prenant gout au bloging, les participants ont décidé de devenirs des futurs blogueurs et futures blogueuses au Mali.

 

21 décembre 2013

Un vérificateur orthographique pour la langue bambara

C’était une idée qui, ces dernières années, ressurgissait de temps en temps, elle a finit par voir le jour.

Écrire sur ordinateur devrait être plus facile pour les auteurs maliens. Oui mais voilà : il y a vraiment très peu de temps que l’alphabet bambara est réellement disponible, et entre-temps beaucoup de solutions ont été bricolées, incompatibles les unes avec les autres. Ceci devrait s’arranger, la solution a un nom : avec Unicode, tous les alphabets de la planète peuvent entrer dans l’ordinateur.

Au-delà de l’alphabet, il y a les mots. En bambara comme dans d’autres langues, c’est en écrivant qu’on se pose des questions : faut-il un é ou un è (en français) ? Ce mot s’écrit-il (en bambara) avec un o ou un ɔ (o ouvert), avec ny ou avec ɲ , avec un u ou avec un w ?…

Les traitements de texte d’aujourd’hui permettent de répondre à ces questions : si le mot est mal écrit, il est souligné en rouge, et l’ordinateur propose la bonne orthographe (ou plus souvent : les bonnes orthographes possibles : il faut alors choisir !). C’est ce qu’on appelle le « vérificateur orthographique », ou « correcteur » : j’hésite à employer ce mot car le « vérificateur » informatique ne remplacera jamais le métier très noble et exigeant de « correcteur », métier qui a été victime de licenciements chez la plupart des éditeurs et journaux, dont les pages sont maintenant remplies de fautes inacceptables que l’on ne trouvait pas il y a quelques années, rendant la lecture plus difficile.

Oui mais voilà : pas pour toutes les langues ! Environ 40 langues ont un vérificateur orthographique. Certaines sont même richement dotées : Pour le français, on distingue bien sûr le français du Canada… mais aussi le français du Luxembourg et même celui de Monaco ! Seules 3 langues africaines ont un vérificateur orthographique : Le swahili (langues bantoues de l’Afrique de l’Est), le shona (Zimbabwe, principalement), et le malagasy (Madagascar). Nous voici avec un tout nouveau vérificateur orthographique pour le bambara.

Il est disponible sur les traitements de texte et outils bureautiques libres et gratuit : Open Office, Libre Office, Néo Office, et sur les ordinateurs Windows, Mac, et Linux.

Qu’est-ce qui a rendu ceci possible ? D’abord l’énorme travail fait par les linguistes qui ont publié des dictionnaires et des grammaires ces dernières années : ces dictionnaires sont maintenant disponibles sur ordinateur ; les règles grammaticales de base comme les pluriels et les conjugaisons, et celles qui permettent de fabriquer des mots à partir d’autres mots, peuvent être codifiées pour être comprises par un ordinateur. Ces linguistes ont rencontré des informaticiens, tous ces gens là ont eu des rêves…  Je suis un de ces derniers, un modeste étudiant en licence de bambara, qui a une petite expérience en informatique  ( jean jacques Meric)

Comment ça marche ?

Dans l’utilisation quotidienne, un vérificateur apporte du confort : on est rassuré de ne pas laisser passer une faute d’orthographe énorme. Enfin presque toutes les fautes…

Car un vérificateur est toujours imparfait, et il vous laisse un large part de travail : bref, c’est un outil et comme tout outil il faut apprendre à s’en servir, et apprendre quand il ne faut pas s’en servir.

Prenons un exemple

Voici une page avec un conte écrit par Umaru Jara, instituteur, sur un cahier, et le même conte tapé sur l’ordinateur :

warabilen (1)

On voit quelques mots soulignés avec une vaguelette rouge : Nbɛ, tuɲan, Libaabanun, mɔgɔnifin, jɛlenbɛ, naafɔ.

D’abord rassurons-nous : seul celui qui tape le texte sur ordinateur voit ces mots soulignés en rouge : quand on imprime, par exemple, elles ne s’impriment pas !

Ensuite, pour chacun de ces mots, l’auteur peut demander (clic droit) quelles sont les corrections possibles : ainsi l’ordinateur propose bien "N bɛ" à la place de "Nbɛ". Mais remarquez que l’ordinateur est un peu idiot : il propose des mots qui s’écrivent presque pareils, comme « Bɛn » mais qu’on n’aurait pas idée de mettre à cet endroit dans une phrase. C’est que l’ordinateur ne reconnaît pas la phrase et sa grammaire, il ne connaît que des mots isolément, il ignore les relations entre eux : il ne fait que comparer un mot avec la liste des mots possibles dans le dictionnaire. Pour "tuɲan" il ne trouvera pas qu’il s’agit de "tiɲɛ", mais pour "mɔgɔnifin" il proposera la bonne orthographe, et elle seule : "mɔgɔninfin"

Enfin, ce dictionnaire est toujours incomplet : Par exemple ici il ignore le village (probablement inventé pour le conte) de Libaabanun, bien qu’il connaissent quelques centaines de noms de pays et de villes. Avec 15.000 mots c’est certainement un des plus complets, mais il est sûr et certain que certains mots qu’utilisent les griots manquent encore, que le vocabulaire de certains métiers est mal représenté… Nous comptons sur les écrivains pour nous les signaler, afin que nous les ajoutions aux versions futures.

Prenons un autre exemple

Il s’agit d’un extrait d’un roman très bien écrit de Tumani Yalam Sidibé. C’est moi qui ai ajouté les couleurs. Désolé ce sont des couleur criardes : Elles sont là pour montrer que le vérificateurs reconnaît bien plus que les mots du dictionnaire. Le plus simple : en vert les pluriels des mots, comme "tungafɛtagalaw". En jaune, les mots composés qui ne sont pas dans le dictionnaire, mais qui font la richesse expressive du bambara, comme "masirimafɛn". En violet les conjugaisons des verbes : "kɛra", "sɔnnen". En gris, les variantes acceptées : "janjo" au lieu de "janjon", "segi" (dans "segilen") au lieu de "segin" (utilisé plus loin dans "seginna"). Il y a bien d’autres choses, comme le "ya" de "yamaruya" par exemple en ocre.

Très peu de mots sont soulignés en rouge

"Cɛmalenbugu" n’est pas dans le dictionnaire, donc "Cɛmalenbugukaw" est souligné en rouge, mais Segukaw ne serait pas souligné en rouge, car Segu est dans le dictionnaire. Si on utilise beaucoup ce nom de village dans le texte et qu’on en veut pas être dérangé par le  "souligné en rouge", on peut tout de suite indiquer "ignorer l’erreur pour ce mot à l’avenir".

"jagabo" est souligné car le dictionnaire ne connaît que "jakabo", et pour Fɛrɛbɔ, le vérificateur propose Fɛɛrɛbɔ… La correction de cette page ne demanderait donc pas plus de 3 secondes.

L’avenir

Nous aimerions beaucoup que les auteurs en langue bambara utilisent ce correcteur et nous en parlent, afin de l’améliorer. Un bon exemple d’utilisation : plusieurs auteurs pour un seul livre de médecine au village (voir le projet : http://www.dokotoro.org) – il est donc important que le bambara soit écrit de la même façon du début à la fin du livre ! Le vérificateur peut être utile pour ce projet. Nous pensons également que, bien encadré par les professeurs, son utilisation peut être utile aux élèves qui apprennent le bambara à l’école ; nous serions ravis d’avoir des nouvelles directement de la salle de classe !

De notre côté nous continuerons d’augmenter le dictionnaire (avec votre aide!), d’apprendre à l’ordinateur à proposer plus intelligemment la bonne orthographe, et nous rêvons à une suite avec correcteur grammatical (erreurs soulignées en vert)… Nous aimerions également proposer un dictionnaire, c’est à dire la possibilité en cliquant sur n’importe quel mot du texte, d’avoir accès à son sens (si possible, en bambara!), à ses synonymes, … A tɔ bɛ na !

ce-jalamugufintigi

Quelques liens

Le dictionnaire (celui utilisé pour le vérificateur) est en ligne sur le site du Corpus bambara de référence

Le vérificateur pour Open Office, Libre Office, Néo Office…

Le vérificateur pour Firefox (navigateur web) et Thunderbird (email)

Un clavier français/bambara pour Windows :

Un clavier français/bambara pour Mac OSX :

19 décembre 2013

Bamako: l’annexe de la Maison des artisans incendié

L'annexe de la maison des artisans incendiés

Le dimanche, 15 décembre 2013, vers 18 heures 15 minutes, un incendie s’est produit à la maison des artisans communément appelé artisanat, situé non loin du grand marché de Bamako. Il est nécessaire de préciser que l’incendie ne s’est pas produit dans l’enceinte de la Maison des artisans, mais dans l’annexe où se trouvent plusieurs boutiques et hangars qui longent le couloir Est de la maison des artisans en allant vers la grande Mosquée de Bamako où sont installés artisans et commerçants et de divers matières premières de l’artisanat.

Qu’est-ce qui a causé l’incendie ?

L’incendie serait parti, selon les témoins du sinistre, d’un court circuit dans une boutique contiguë aux souks des bijoutiers. Il  s’est propagé quand les occupants ont voulu éteindre le feu avec des seaux d’eaux. Les gaz qui se trouvaient dans les souks des bijoutiers ont contribué à la propagation rapide du feu.

Difficulté pour les sapeurs-pompiers d’atteindre le lieu

La Maison des artisans est située non loin du grand marché de Bamako où les vendeurs, les acheteurs et les véhicules mélangés sur la voie publique rendent l’accès difficile au lieu. Pour venir au secours, les pompiers ont eu d’énormes difficultés à se faire un chemin pour y parvenir. Ce retard des soldats du feu à cause du blocage de la circulation a également contribué à augmenter les dégâts

Des bandeaux ont profité de l’occasion

Ce couloir est également  le nid des vandales. Ces derniers ont profité du sinistre  pour piller d’autres boutiques des bijoutiers  qui n’ont pas pris feu. Un des propriétaires de ces boutiques pillés serait Yaya COULIBALY, qui serait même menacé de mort avec  couteau sur la gorge pendant que d’autres badauds vidaient sa boutique de tous ses bijoux.

D’énormes dégâts causés par  l’incendie

Aux environs de 22 heures 30, les pompiers ont pu maîtriser le feu, mais après d’énormes dégâts déjà causés. Selon les déclarations des victimes dénombrées à 30 artisans et 103 commerçants occupants 25 magasins et 77 hangars, la valeur des pertes  est estimée à 426 185 000 francs CFA.

11 décembre 2013

Afripédia installé au Centre d’Animation Pédagogique de Sangarébougou

Installation d'Afripédia

Installation d’Afripédia

Rehausser le niveau de l’apprentissage à travers un enseignement de qualité dans les écoles maliennes est aujourd’hui un grand défi à relever dans notre pays. L’atteinte de cet objectif passe par une implication parfaite des Centres d’Animation Pédagogique.

Le Centre d’Animation Pédagogique de Sangarébougou relève de l’académie de Kati. Il fait partie de ceux nouvellement crées dans notre pays et a ouvert en 2013.  Les agents de ce CAP viennent de déménager dans leurs nouveaux locaux.

Vu qu’il n’y a pas de connexion Internet,  j’ai profité d’un passage en ce mercredi, 11 décembre 2013 pour mettre Afripédia à la disposition des agents de ce nouveau CAP. De par son contenu pédagogique, Afripédia installé sur des ordinateurs, permettra aux conseillers en charge de la pédagogie de mieux s’outiller à travers des recherches pour mener à bien leurs activités de suivi pédagogique des enseignants dans les établissements scolaire.

photo (23) Après des démonstrations et des tests, le Directeur du CAP se dit content d’avoir cet  outil  à disposition de son personnel. Selon lui, Afripédia aidera le personnel du CAP à  résoudre des problèmes de recherches pédagogiques même s’ils n’ont pas de  connexion Internet pour le moment.

De même, le Directeur adjoint, M. Touré se dit très surpris et content d’avoir accès  aux contenus de wikipédia sans connexion Internet. Après avoir obtenu des résultats  satisfaisants à plusieurs recherches qu’il a effectuées, il  ajoute  qu’Afripédia est un  outil à très grand capacité  pédagogique qui aide beaucoup les conseillers  pédagogiques à bien se documenter pour les activités de suivi et les contrôle pédagogiques dans les écoles.

"Moi, je viens d’avoir une bibliothèque à ma disposition. A chaque fois que je ne suis pas très occupée, je pourrais faire des recherches sur différents domaines pour me cultiver", ajoute la secrétaire.

Ces différents témoignages  indiquent qu’Afripédia est un outil précieux dans le domaine de l’éducation.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 1  223 followers